Chaos Computer Club : A Berlin, l’Europe des hackers s’est réunie fin décembre.
De retour du 28e Chaos Computer club, le plus grand rassemblement d’hackers en Europe qui s’est tenu à Berlin fin décembre, le groupe d’hacktivistes internationaux Telecomix va pouvoir mettre les nouvelles armes du piratage sur internet au service de la contestation planétaire. Tout le monde a entendu parler des Anonymous, de Wikileaks, mais peut-être un peu moins de Telecomix. Pourtant au cours de l’année 2011, le nom de Telecomix est revenu, avec de plus en plus d’insistance, dans les médias.
« La méduse Telecomix »
Réparateurs d’internets coupés par des dictateurs aveugles, occupés à divulguer le vrai visage des entreprises qui vendent des systèmes de surveillance à des régimes totalitaires, les agents de ce cluster semblable à une méduse (avec son canal IRC pour tête, comme point de rencontre principal) promeuvent inlassablement et bénévolement un internet ouvert, non censuré et une libre circulation des paquets de données. Rencontre de deux bras du Collectif, Okhin et Urbach, qui font le bilan de 2011 (voir vidéo).
« Printemps arabe »
Leur soutien à la révolution tunisienne et le rétablissement des communications et d’internet en Egypte au plus fort de la révolution ont fait leur réputation sur la planète web. Dans le cas de la Tunisie, les agents de Telecomix avaient installé des miroirs pour des sites bloqués, servi de relais d’information et de transmission de conseils pour se servir anonymement du réseau ou encore permis de faire transiter des photos et vidéos censurées.
Le défi égyptien se situait à un échelon supérieur. 20 millions de personnes n’avaient plus accès à leur connexion, et bien plus étaient privées d’accès au réseau mobile. Stephan Urbach résume ainsi un des hacks mis en place : « On a déterré la vieille technologie du modem et un peu partout en Europe, on a mis des serveurs dial-up à disposition. Les Egyptiens qui avaient un modem pouvaient composer un numéro à l’étranger et grâce à cela, ils ont eu un accès à Internet. Un peu lent, mais au moins, ils l’avaient. Tout le monde n’a pas pu être aidé, parce que les lignes étaient encombrées, mais au moins, ça a montré une chose au monde politique : vous pouvez nous couper, mais nous trouverons toujours un moyen pour contourner vos blocages. On ne se laissera pas déconnecter. Vous pouvez essayer de contrôler le net autant que vous le voudrez, nous, on trouvera toujours un moyen de parvenir à nos fins. »
« Opération #Syria »
Quelques semaines après le début du soulèvement syrien, ils ont choisi de détourner les réseaux locaux pour permettre aux Syriens de faire sortir des images et des informations du pays. Afin de prévenir la population de la surveillance général de l’Internet, Telecomix a détourné une partie considérable du trafic Internet vers un site web de leur fabrication : « Nous sommes Telecomix. Nous venons en paix. » Le site détaillait une série de moyens efficaces et simples de contourner la censure de Bachar el-Assad et de prolonger, avec davantage de sécurité, les actions protestataires.
Qu’ils soient allemands, suédois, français ou américains, les hackers de Telecomix ont encore bien des projets. KhéOps est un des organisateurs de l’opération Syria. Il a annoncé à Berlin la création d’un site de vidéos sur la répression dans les villes du pays. « Maintenant, on essaie de regrouper les images qui sortent en les classant par lieu et date, de manière à ce que des journalistes puissent faire leur travail de recoupement. » L’idée est de créer une mémoire vidéo de cette révolution syrienne, mémoire déjà développée en anglais et en arabe, via un site d’information de terrain mis à jour en temps réel par des hackers de Telecomix et des Syriens qui participent au projet.
« On essaie de trouver de nouvelles façons de les aider, de trouver de nouveaux canaux pour récupérer les nouvelles du terrain, et de fournir une infrastructure technologique aux cyberactivistes ».
Okhin, un des Français de l’opération rappelle que les moyens du collectif restent limités :
« On est volontaires, on fait ça sur notre temps libre. On ne peut pas sauver le monde, mais j’ai appris qu’en Turquie, ils commencent à s’organiser eux-mêmes. Sans autre aide que technique de notre part. Pour changer les choses, chacun doit développer ses propres clusters ».
- Source (Owni & Geeks Politics).
AnonOps IRC Network (Anonymous Opération)
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Afin de saisir la dynamique d’influence en œuvre, il est impératif de parler de l’architecture technique au sein de laquelle Anonymous passent beaucoup de temps à discuter et à coordonner les opérations : l'IRC, pour « Internet Relay Chat ».
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